traditions de noel
LES 13 DESSERTS DE PROVENCE
- Traditionnellement, c'était au retour de la messe qu'il était de coutume d'offrir à ses invités les 13 desserts (comme le nombre de convives de la Cène, le Messie entouré de ses 12 apôtres).
Les 4 fruits secs qui font partie des treize desserts sont dénommés les mendiants en raison de leur couleur à l'image de celle des robes portées par les ordres des mendiants : noisettes pour les Augustins, figues pour les fransciscains, amandes pour les Carmes et raisins secs pour les Dominicains.
Aujourd'hui, cette tradition à largement dépassé le cadre religieux et il est possible aujourd'hui de retrouver 13 desserts associés à d'autres recettes y compris à la fameuse bûche de Noël. Certains confiseurs vous vendent désormais des coffrets cadeaux "13 desserts" pratiques à ceux qui n'ont pas la patience de faire leur marché de Noël.
"Ce jour là, sur la table, trois chandelles brillaient, et si parfois la mèche tournait devers quelqu'un, c'était de mauvaise augure. A chaque bout dans une assiette, verdoyait du blé en herbe qu'on avait mis à germer dans l'eau le jour de la sainte Barbe. Sur la triple nappe blanche, tout à tour apparaissaient les plats sacramentels : les escargots (...) la morue frite et le muge aux olives, le cardon, le scolyme, le céleri à la poivrade, suivis d'un tas de friandises réservées pour ce jour là."
Frédéric Mistral
Les 13 desserts provencaux
Ils sont au nombre de 13 comme les convives de la Cène.
- raisins séchés
- figues sèches
- amandes et noix
- prunes de Brignoles
- poires d'hiver et pommes
- cédrats confits
- confiture de coings et confiture de fruits au moût de raisin
- nougat blanc (noisettes, pignons et pistaches) et nougat noir (miel)
- cachat piquant (fromage blanc)
- fougasses
- bugnes frites
- galettes au lait parfumées au fenouil et au cumin
- pompe à huile pour saucer le vin cuit
Après le gros souper qui se termine par un verre de ratafia, la maisonnée prend la route de l'église pour la messe de minuit. La porte n'était pas fermée à clef. On laissait sur la table la 3e nappe et les reliefs du repas afin que les anges et les défunts puissent se restaurer.
Les 3 nappes représentent les 3 personnes de la Trinité, le décor est éclairé de 3 bougies. A partir du plus agé, chaque personne agée les allument.
Les puristes disent qu'il faut 7 plats au souper de Noël en souvenir des 7 plaies du Christ crucifié.
La pompe à huile est un pain de fête préparé à la maison mais cuit chez le boulanger. Il s'agit de l'huile d'olive qu'on ajoute à la pâte confectionnée de farine, de levain, de sucre, de cassonnade et aromatisée de zeste d'orange et de citron. On la déguste trempée dans du vin cuit.
Les 4 mendiants sont composés de 4 fruits secs. Leur couleur sombre rappelle celle des robes des ordres des mendiants.
On raconte que les raisins secs symbolisent les Dominicains, les amandes les Carmes, les figues les Fransiscains, les noisettes les Augustins.
Les 13 desserts sont souvent accompagnés de ratafia de cerises et de carthagène.
Il ne reste plus qu'à nouer les quatre coins de la troisième nappe pour en faire un baluchon et apporter aux pauvres les reliefs du souper
Noël anglais
La fête de Noël ne serait pas complète sans un pudding. Riche et bourratif, épais et lourd, aux saveurs douceâtres, le pudding est un dessert qui tient bien au corps lors des grands froids de l'hiver. Traditionnellement il était préparé 5 dimanche avant Noël. Le pudding doit vieillir et se bonifier. Le soir de Noël il est arrosé de punch puis flambé.
USA, Italie, France
Pour terminer le repas de Noël les américains ont les cakes aux fruits, les italiens le panettone et les français la bûche dont la recette de base est un simple gâteau roulé avec une purée de marron et du chocolat fondu.
Noël en Alsace
La pâtisserie occupe depuis des siècles une place essentielle des festivités de Noël.
Il existe des gâtaux de toutes les tailles et de toutes les formes. Des gros gâteaux tel le Christolle sont moulés à la main et cuits couchés sur une tôle. Sa forme représente l'enfant Jesus enveloppé dans ses langes.
D'autres gâteaux dorés à l'oeuf, comme le Mannelle, sont torsadés comme des bretzels. Porte bonheur, les gâteaux tressés en croix, en couronne ou en escargots, chassent les mauvais esprits de la maison.
D'autres gâteaux sont pressés dans des moules en bois dur sculptés dont les sujets sont des personnages de Noël.
Des moules en terre cuite vernissée servent à la cuisson de spécialités comme le kougelhopf. Des petits gâteaux sont découpés à l'emporte pièce en fer blanc et représentent une étoile, un sapin, un croissant de lune.
La recettes des "bredele" ( petits gâteaux réalisés à l’occasion des fêtes de Noël en Alsace).
Au début du XVIe siècle, dans les offrandes destinées à Saint Nicolas, on trouve également le pain d'épices.
Les ingrédients de base des pâtisseries de Noël ont peu changé depuis. oeufs, farine miel et épices. Les épices parfument et favorisent la digestion : anis, cannelle, fenouil, clous de girofle, macis, cardamone, badiane. Les incontournables sucre et et beurre, n'apparaissent que plus tard au XIXe siècle.
En Autriche
Noël est la fête familiale la plus importante de l'année. La fête débute le 1er décembre avec la couronne de l'Avent.
Pendant tout le mois de décembre, les alentours de l'Hotel de Ville de Vienne, la capitale, sont en fête. Les arbres du parc sont recouverts de parures fantastiques au milieu d'un décor de conte de fée. Toujours dans ce parc, se déroule le fameux marché de l'enfant Jésus. C'est un marché de Noël. Les enfants y dégustent des marrons chauds, font du patinage sur la patinoire de l'Hotel de ville, déguisés en animaux ou en personnage de conte de fée. Ils peuvent également traverser le parc en prenant un petit train. Avant de partir, ils inscrivent leurs souhaits sur un tableau, qui est parrait-il, consulté par le Père Noël et le Petit Jésus
Sur toutes les places des villes et villages se dresse un sapin.
Le 24 décembre, les rues de certaines villes sont envahies par les enfants, souvent accompagnés de leurs grands-parents, pendant que les parents décorent le sapin caché jusqu'à ce jour dans un grenier ou une cave.
Le 24 décembre au soir, cinémas, restaurants et théatres ferment leurs portes car tout le monde doit participer à la fête.
Au Danemark
Tout le mois de décembre participe à la fête. Les rues sont illuminées et décorées de guirlandes et de branches de sapin.
Les enfants écrivent de nombreuses cartes à leurs amis et à leur famille.
Des timbres sont spécialement émis pour Noël. Un des plus beau a été dessiné par la Reine elle-même.
Dans chaque maison, une couronne garnie de quatre bougies est suspendue au plafond. La maison est décorée de branches de sapin, de petits anges, de lutins et d'étoiles en paille. Les enfants font eux-mêmes de nombreuses décorations qu'ils accrochent dans le sapin.
On va en famille couper le sapin de Noël dans la forêt.
Le diner de Noêl commence vers 18 H. A la fin du repas, on sert du riz au lait où se cache une amande entière. celui qui la trouve reçoit en cadeau un petit cochon porte bonheur en pâte d'amande.
Après le diner le papa va seul dans la pièce où se dresse le sapin de Noël décoré de guirlandes faites de petits drapeaux danois, de bougies et de petits coeurs rouges et blancs.
Le papa allume une à une les bougies pendant que la famille attend avec impatience derrière la porte. Puis toute la famille entre et fait un cercle autour de l'arbre en se tenant par la main. Chacun à son tour choisit un chant de Noël que tous entonnent en faisant une ronde.
En France
Plusieurs jours avant Noël, les villes et les villages de France prennent un air de fête. On décore la façade des mairies. On dresse un immense sapin sur les grandes places. Les rues principales et les arbres sont recouverts de guirlandes lumineuses.
Les grands magasins font de très belles vitrines ou certains mettent en scène des automates.
Les enfants se font photographier en compagnie du Père Noël.
Les écoles maternelles décorent leurs classes.
Le 24 au soir les familles font un diner de réveillon composé de mets savoureux tels que des huitres et du foie gras. Les plus pratiquants vont ensuite en famille à la messe de minuit.
Le Père Noël vient déposer les cadeaux pendant la nuit et les enfants les découvrent le matin de Noël au pied su sapin.
Le jour de Noël, ils se rassemblent en famille autour de la table de Noël. Le repas de Noël est souvent composé d'une dinde ou d'un chapon roti et se termine par une bûche glacée ou en gâteau.
En Provence, dans certaines églises du bord de la mer, à la fin de la messe de minuit, une procession de pêcheurs et de poissonniers déposent au pied de l'hôtel un panier rempli de poissons, en signe d'affection et de reconnaissance envers le petit Jésus.
La tradition veut que le repas du réveillon se termine par treize desserts qui symbolisent le Christ et les douze apôtres. Ces desserts rassemblent tous les fruits et les confiseries de la région.
En Suisse
Pour les enfants suisses, Noël c'est le bonheur de jouer dans la neige, de faire de la luge et du ski.
Les chalets et les sapins sont décorés de guirlandes lumineuses.
Avant les cadeaux du Père Noël, les enfants reçoivent des petits paquets contenant une orange, une barre de chocolat et un pain au sucre.
En Espagne
Les petits espagnols sont très gâtés : ils reçoivent des cadeaux le 25 décembre mais aussi le 6 janvier par les Rois mages, qui déposent les paquets dans leurs souliers.
Dans de nombreuses grands villes se déroule le cortège des Rois mages. C'est une fête très populaire. Les Rois mages défilent sur des chars richement décorés et suivis de nombreux cavaliers. Les enfants et les adultes se pressent le long des rues pour les voir passer.
Après le défilé, les Rois mages se mêlent aux enfants qui sont très impressionnés de les voir d'aussi près.
Jadis, le soir du Réveillon et le matin de Noël dans les villages espagnols, on récompensait le voisin qui avait aidé à rentrer la récolte, à porter de l'eau ou à garder les moutons par un payement en nature. Lorsqu'il sonnait à la porte, chargé d'un panier tressé d'osier, on le lui remplissait d'huile d'olive, de noix, d'amandes ou encore de fruits secs.
L'antique tradition s'est maintenue et même développée puisqu'aujourd'hui on trouve dans les meilleurs magasins, à l'approche des fêtes, des paniers de Noël composés des plus fins produits artisanaux du pays. Les présents les plus chargés d'histoire restent les confiseries, à base de pâte d'amandes ou de beurre, souvent préparées dans les couvents par des religieuses, "avec trois Ave Maria et la grâce de la main", comme le chante un air populaire.
Le turròn, sorte de nougat au miel et aux amandes, a lui aussi sa place dans les paniers de Noël. De nos jours, les corbeilles s'enrichissent également d'une bouteille de "Cava", un sympathique mousseux, d'un jambon entier, de marrons glacés de Galice, de truffes, de fruits à l'eau-de-vie, de splendides cornes d'abondance regorgeant de légumes et de fruits frais, De bonnes bouteilles, des Xérès, des vins d'appellation (comme les Rioja, les Pénedès), des vieux Malaga liquoreux que l'on déguste devant un plateau de petits gâteaux ou des liqueurs aux multiples parfums telle la "patxaràn", véritable boisson nationale, à base d'anis parfumé aux prunelles.
A Noël, il est de tradition d'offrir des conserves d'asperges de Navarre dont l'appellation est sévèrement réglementée puisqu'il faut, pour qu'elles soient dignes d'en porter le nom, les mettre en bocaux à la main, dès le lendemain de la cueillette.
L'origine de la plupart des pâtisseries remonte à la domination arabe puisque les conquérants ont introduit le sucre et l'art de la confiserie en Espagne. Voilà pourquoi on fabrique du massepain à Tolède depuis le VIIIe siècle, sous les formes les plus variées, farci de pignons ou de jaune d'oeuf confit dans le sucre. Dans La Rioja, on y met du citron alors qu'en Andalousie on le présente sous forme de barrettes truffées de fruits confits et glacées au sucre.
En Finlande
La veille de Noël, les petits finlandais sont très occupés. Le matin ils partent en traineau couper le sapin et l'après midi ils le décorent. La légende, dit que le Père Noël est originaire de la Laponie, une région située au nord de la Norvège, de la Suède et de la Finlande. En Laponie, le Père Noël reçoit 500 000 lettres par an.
Le 24 décembre, on allume des bougies sur les tombes.
20 jours après Noël, le sapin est enlevé de la maison.
En Irlande
Les fêtes de Noël commencent douze jours avant Noël. On appelle cette période "little Christmas", c'est à dire "petit Noël".
Une bougie est déposée sur le rebord de la fenêtre le jour de Noël.
Avant de partir pour la messe on laisse un verre de whisky pour le Père Noël est des carottes pour les rennes.
Les cadeaux sont ouverts le jour de Noël. Le repas de Noël a lieu dans l'après midi vers deux ou trois heures.
Le lendemain de Noël, le 26 décembre, est encore un jour de fête : c'est "Stephen's days". De nombreaux irlandais assistent à des courses de chevaux et font des paris, tandis que d'autres chantent dans les rues.
A la campagne, de jeunes garçons, les "wren boys", habillés avec de vieux vêtements, chantent et font de la musique. Ils vont ainsi de maison en maison réclamer quelques pièces de monnaie.
En Islande
Comme dans tous les pays chrétiens, Noël est la fête des enfants. Elle se termine la nuit des Rois mages, le 6 janvier pendant laquelle on chante et on danse autour de grands feux.
Noël se dit "Jol" en islandais. Les "Jolasneinar" sont des petits lutins de Noël. Ils sont treize et ont chacun un nom qui révèle leur personnalité. Ces lutins, sont les enfants de Gryla, une créature monstrueuse à trois têtes.
Gryla portait une barbe et des cornes de chèvre. Son repas préféré était la viande d'enfants méchants qui ne pouvaient lui échapper que s'ils devenaient gentils. Ses enfants ont de drôle de noms comme "Racleur de pot", Voleur de saucisses", "Celui qui observe par le fenêtre", etc... Ces lutins taquinent les gens et les bêtes, volent, claquent les portes...
Depuis l'apparition du Père Noël, les lutins sont devenus plus gentils et passent leur temps à préparer les cadeaux pour les enfants sages.
Dès le début du mois de décembre, les enfants déposent une chaussure au bord de la fenêtre. S'ils ont été sages, ils reçoivent un petit cadeau du Père Noël. S'ils n'ont pas été sages, ils reçoivent une pomme de terre.
En Suède
En suèdois Père Noël est appelé Jul Tomte et "Joyeux Noel" se dit "God Jul". On accroche des petites figurines sur les vitres et on installe des lumières scintillantes et des petits gnomes, appelés Tomte, sous le sapin. On accroche une couronne de sapin sur la porte d'entrée du foyer et on fabrique des étoiles que l'on accrochera sur les fenêtres et on posera des bougies sur le devant de la fenêtre.
La fête de Noël vient éclairer la longue nuit qu'est l'hiver nordique. Ici, c'est la veillée de Noël, le 24 décembre, qui représente le grand moment des festivités. Le repas traditionnel de Noël illuminé par de nombreuses bougies et suivi de la distribution des cadeaux forment le cœur même de la fête de Noël. Le repas de Noël est le plus bel exemple de ces grandes tables buffet traditionnelles qui, à quelques variétés de plats près, sont caractéristiques de la plupart des grands fêtes populaires suédoises.
Les principaux mets traditionnels sont le jambon bouilli puis grillé, le fromage de porc, les saucisses, la bouillie de riz et différentes sortes de hareng mariné. Toutefois une place a été faite ces dernières années à des plats plus légers tels que des salades. La boisson d'accompagnement est le julmust, un soda dont la couleur et le goût ne sont pas sans rappeler le coca, ou la bière spéciale de Noël, plus brune que la bière ordinaire. Beaucoup considèrent aussi qu'avec le hareng un petit verre d'eau-de-vie s'impose.
extraits du site http://www.joyeux-noel.com
vendredi 21 décembre 2007
mercredi 21 novembre 2007
Liban
3 Données historiques
De par sa position géopolitique, le Liban a toujours été au carrefour de trois continents et le passage obligé entre l'Occident et le monde arabe, bénéficiant au surplus d'un accès vers l'Asie centrale et la Russie. Par le fait même, le pays fut maintes fois envahi et conquis par pratiquement tous les peuples du bassin méditerranéen, ainsi que par des tribus nomades qui remontèrent de la péninsule Arabique. Enfin, du fait de sa configuration accidentée, ce pays de montagnes a souvent accueilli les réfugiés de nombreuses contrées. Tous ces peuples ont laissé non seulement une empreinte architecturale, mais aussi un apport culturel et religieux important.
À la fin du IIIe millénaire, les Cananéens et les Phéniciens établirent sur la côte des comptoirs et fondèrent des cités-États (Tyr, Sidon, Byblos, Beyrouth). Les Phéniciens avaient créé un alphabet de 22 lettres, qui supplanta l’écriture cunéiforme alors en usage, et se répandit dans toute la Méditerranée. Le Liban, qui fit partie de la Phénicie, connut dans l'Antiquité une civilisation brillante. L'indépendance de la Phénicie prit fin avec la conquête d'Alexandre le Grand en 333 avant notre ère. À partir de cette période, et ce, jusqu’au XVe siècle, le Liban disparut en tant qu’entité politique souveraine; il fut englobé au sein d'une vaste zone dite «syrienne». La domination grecque dura trois siècles, soit jusqu’à la tutelle romaine.
En 64 avant notre ère, les légions de Pompée fondèrent la Provincia Syria. Beyrouth devint la métropole militaire et commerciale des Romains en Orient. Le christianisme se propagea dans cette province syrienne dès la première moitié du Ier siècle. En 395, lors du partage de l'Empire romain, la Provincia Syria, devenue chrétienne, fut rattachée à l'Empire byzantin. L'Église syro-maronite (maronites) a vu le jour dans le diocèse d'Orient de l'Empire byzantin; elle constituait une branche de l'ancienne Église syriaque d'Antioche.
3.1 La conquête arabe
En 628, les Arabes envahirent la région et, après la défaite byzantine à la bataille de Yarmouk en 636, les villes de la côte libanaise tombèrent entre les mains des musulmans, qui placèrent la «province» sous leur autorité. Par suite de la conquête arabe, la population se modifia considérablement, car des Arabes, des Perses et des Juifs entrèrent dans le pays. Dès lors, les chrétiens durent côtoyer les musulmans sunnites. La conquête musulmane de 636 réduisit progressivement les chrétiens du Proche-Orient à une minorité. En revanche, les maronites réussirent à conserver une certaine autonomie en raison de leurs liens avec Byzance, avec l'Occident et avec les autres minorités du Mont-Liban.
Mais les querelles religieuses déchirèrent les populations, qui se divisèrent en sectes. C'est à cette époque que commencèrent à s'opposer les différentes communautés confessionnelles. La montagne servit de refuge, d’abord pour les maronites (au VIIIe siècle), puis pour les chiites (IXe siècle) et enfin les druzes (XIe siècle) chassés d’Égypte. La plupart de ces communautés formèrent des minorités (maronites, chiites, druzes, etc.), ce qui en fit très tôt un pays multiconfessionnel, surtout avec l’intégration du pays dans l’Empire byzantin (l’Église orthodoxe), puis dans l’Empire arabe (musulmans).
Au milieu du XIe siècle, le grand schisme d'Orient divisa le monde chrétien en deux grandes communautés: les catholiques romains et les orthodoxes. À partir de ce moment, les chrétiens qui restèrent attachés à Rome furent appelés «catholiques latins», et ceux de l'Église d'Orient furent appelés «orthodoxes». C'est ainsi que le Liban s'enrichit encore d'une autre communauté religieuse.
3.2 Le Moyen Âge
Lors des croisades (1090-1300), les Francs s’emparèrent de l’Orient et Jérusalem tomba entre leurs mains en 1090, puis Tripoli en 1109, Beyrouth et Sidon en 1110. Le Liban resta deux siècles sous la domination franque, c’est-à-dire jusqu’en 1289 (lors de la capitulation de Tripoli). Ensuite, les autres villes libanaises passèrent sous l’autorité des mamelouks (milices arabes), qui gouvernèrent la région pendant deux siècles et demi, de la fin du XIIIe siècle jusqu’en 1516, soit lors de l’arrivée des Ottomans. Pour fuir les mamelouks, de nombreux maronites trouvèrent asile dans la haute montagne libanaise ainsi qu’à l’île de Chypre.
À partir de ce moment, la domination ottomane ouvrit une nouvelle période, car les Turcs accordèrent une autonomie aux Libanais au prix d’un tribut. Mais ce fut une période politiquement instable au cours de laquelle les maronites, les druzes et les chiites entrèrent en conflit les uns contre les autres. Les druzes réussirent à contrôler le pays durant deux siècles, ce qui favorisa les affrontements violents avec les maronites. Au cours de la période ottomane, spécialement à partir du XVIIIe siècle, le Liban accueillit plusieurs minorités fuyant la persécution: des Grecs et des Syriaques catholiques y trouvèrent non seulement un gîte pour leurs communautés naissantes, mais des couvents pour leurs moines et un siège pour chacun de leurs patriarcats récemment créés.
3.3 L’intervention de la France
Au milieu du XIXe siècle, la France et la Grande-Bretagne intervinrent pour assurer la protection de certains groupes ethno-religieux, la guerre ayant éclaté entre maronites et druzes. Un gouvernorat autonome maronite, placé sous la protection de la France, fut créé en 1864. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman fut démantelé et le Liban passa sous mandat français en 1920. C’est à ce moment que les frontières actuelles du «Grand Liban» (le Mutesarrifat libanais, Beyrouth, la Békaa, Tripoli, Sidon, Tyr) furent créées et que s’implanta assez durablement la langue française. Quelques dizaines de milliers d’Arméniens fuyant la persécution turque s’établirent dans le pays, suivis par une immigration kurde (environ 60 000 personnes).
Dans la Déclaration du mandat, adoptée le 24 juillet 1922 par le Conseil de la Société des Nations (SDN), l’article 22 du Pacte de la SDN imposait à la France, la «Puissance mandataire», le «respect du statut personnel des diverses populations et de leurs intérêts religieux» (art. 6 de la Déclaration du mandat), le maintien des «droits des communautés» dont celui de «conserver leurs écoles, en vue de l'instruction et de l'éducation de leurs membres» (par. 3 de l'article 8) et l’abstention «toute intervention [...] dans la direction des communautés religieuses [...] dont les immunités sont expressément garanties» (art. 9).
Cependant, la nouvelle entité territoriale libanaise ne fut pas acceptée par les nationalistes arabes, qui souhaitaient la création d'une «Grande Syrie» englobant l'ensemble du Croissant fertile. Pour sa part, la Syrie devenue indépendante n'admit pas d'être privée d'une grande partie de sa façade maritime sur la Méditerranée.
3.4 L’indépendance
Le Liban accéda définitivement à l'indépendance en 1943. Pendant plusieurs décennies, le pays avait adopté deux langues officielles: l’arabe et le français. Mais les nouveaux dirigeants s'empressèrent d'adopter les modifications constitutionnelles qui affirmèrent le statut souverain du Liban et abolirent le français comme «deuxième langue officielle». Le Liban accueillit les Palestiniens chassés d’Israël après 1948. Ces derniers se sont installés dans des camps de réfugiés et fournirent la main-d'oeuvre nécessaire au cours de la période de prospérité économique. Suite à l'instauration dans les pays arabes des régimes dits révolutionnaires ou socialistes, le Liban vit arriver l’une des dernières grandes vagues des minorités devenues indésirables dans leur propre pays: les Assyriens, les Syriaques et les chaldéens d'Irak, les alaouites de Syrie, les chrétiens d'Égypte, etc. Après la guerre israélo-arabe de 1967, d’autres réfugiés palestiniens affluèrent en masse.
Au lendemain des affrontements de 1970, l'Organisation de libération de la Palestine, chassée de Jordanie, s'installa avec ses combattants sur le territoire libanais. Quelque 500 000 Palestiniens s’établirent ainsi au Liban, ce qui représentait environ 15 % de la population. La présence palestinienne provoqua l'intervention armée de la Syrie et d’Israël. Le fragile Liban ne put résister à la violence des événements et fut entraîné dans la guerre civile, activant alors le processus de la dislocation de l’État.
De par sa position géopolitique, le Liban a toujours été au carrefour de trois continents et le passage obligé entre l'Occident et le monde arabe, bénéficiant au surplus d'un accès vers l'Asie centrale et la Russie. Par le fait même, le pays fut maintes fois envahi et conquis par pratiquement tous les peuples du bassin méditerranéen, ainsi que par des tribus nomades qui remontèrent de la péninsule Arabique. Enfin, du fait de sa configuration accidentée, ce pays de montagnes a souvent accueilli les réfugiés de nombreuses contrées. Tous ces peuples ont laissé non seulement une empreinte architecturale, mais aussi un apport culturel et religieux important.
À la fin du IIIe millénaire, les Cananéens et les Phéniciens établirent sur la côte des comptoirs et fondèrent des cités-États (Tyr, Sidon, Byblos, Beyrouth). Les Phéniciens avaient créé un alphabet de 22 lettres, qui supplanta l’écriture cunéiforme alors en usage, et se répandit dans toute la Méditerranée. Le Liban, qui fit partie de la Phénicie, connut dans l'Antiquité une civilisation brillante. L'indépendance de la Phénicie prit fin avec la conquête d'Alexandre le Grand en 333 avant notre ère. À partir de cette période, et ce, jusqu’au XVe siècle, le Liban disparut en tant qu’entité politique souveraine; il fut englobé au sein d'une vaste zone dite «syrienne». La domination grecque dura trois siècles, soit jusqu’à la tutelle romaine.
En 64 avant notre ère, les légions de Pompée fondèrent la Provincia Syria. Beyrouth devint la métropole militaire et commerciale des Romains en Orient. Le christianisme se propagea dans cette province syrienne dès la première moitié du Ier siècle. En 395, lors du partage de l'Empire romain, la Provincia Syria, devenue chrétienne, fut rattachée à l'Empire byzantin. L'Église syro-maronite (maronites) a vu le jour dans le diocèse d'Orient de l'Empire byzantin; elle constituait une branche de l'ancienne Église syriaque d'Antioche.
3.1 La conquête arabe
En 628, les Arabes envahirent la région et, après la défaite byzantine à la bataille de Yarmouk en 636, les villes de la côte libanaise tombèrent entre les mains des musulmans, qui placèrent la «province» sous leur autorité. Par suite de la conquête arabe, la population se modifia considérablement, car des Arabes, des Perses et des Juifs entrèrent dans le pays. Dès lors, les chrétiens durent côtoyer les musulmans sunnites. La conquête musulmane de 636 réduisit progressivement les chrétiens du Proche-Orient à une minorité. En revanche, les maronites réussirent à conserver une certaine autonomie en raison de leurs liens avec Byzance, avec l'Occident et avec les autres minorités du Mont-Liban.
Mais les querelles religieuses déchirèrent les populations, qui se divisèrent en sectes. C'est à cette époque que commencèrent à s'opposer les différentes communautés confessionnelles. La montagne servit de refuge, d’abord pour les maronites (au VIIIe siècle), puis pour les chiites (IXe siècle) et enfin les druzes (XIe siècle) chassés d’Égypte. La plupart de ces communautés formèrent des minorités (maronites, chiites, druzes, etc.), ce qui en fit très tôt un pays multiconfessionnel, surtout avec l’intégration du pays dans l’Empire byzantin (l’Église orthodoxe), puis dans l’Empire arabe (musulmans).
Au milieu du XIe siècle, le grand schisme d'Orient divisa le monde chrétien en deux grandes communautés: les catholiques romains et les orthodoxes. À partir de ce moment, les chrétiens qui restèrent attachés à Rome furent appelés «catholiques latins», et ceux de l'Église d'Orient furent appelés «orthodoxes». C'est ainsi que le Liban s'enrichit encore d'une autre communauté religieuse.
3.2 Le Moyen Âge
Lors des croisades (1090-1300), les Francs s’emparèrent de l’Orient et Jérusalem tomba entre leurs mains en 1090, puis Tripoli en 1109, Beyrouth et Sidon en 1110. Le Liban resta deux siècles sous la domination franque, c’est-à-dire jusqu’en 1289 (lors de la capitulation de Tripoli). Ensuite, les autres villes libanaises passèrent sous l’autorité des mamelouks (milices arabes), qui gouvernèrent la région pendant deux siècles et demi, de la fin du XIIIe siècle jusqu’en 1516, soit lors de l’arrivée des Ottomans. Pour fuir les mamelouks, de nombreux maronites trouvèrent asile dans la haute montagne libanaise ainsi qu’à l’île de Chypre.
À partir de ce moment, la domination ottomane ouvrit une nouvelle période, car les Turcs accordèrent une autonomie aux Libanais au prix d’un tribut. Mais ce fut une période politiquement instable au cours de laquelle les maronites, les druzes et les chiites entrèrent en conflit les uns contre les autres. Les druzes réussirent à contrôler le pays durant deux siècles, ce qui favorisa les affrontements violents avec les maronites. Au cours de la période ottomane, spécialement à partir du XVIIIe siècle, le Liban accueillit plusieurs minorités fuyant la persécution: des Grecs et des Syriaques catholiques y trouvèrent non seulement un gîte pour leurs communautés naissantes, mais des couvents pour leurs moines et un siège pour chacun de leurs patriarcats récemment créés.
3.3 L’intervention de la France
Au milieu du XIXe siècle, la France et la Grande-Bretagne intervinrent pour assurer la protection de certains groupes ethno-religieux, la guerre ayant éclaté entre maronites et druzes. Un gouvernorat autonome maronite, placé sous la protection de la France, fut créé en 1864. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman fut démantelé et le Liban passa sous mandat français en 1920. C’est à ce moment que les frontières actuelles du «Grand Liban» (le Mutesarrifat libanais, Beyrouth, la Békaa, Tripoli, Sidon, Tyr) furent créées et que s’implanta assez durablement la langue française. Quelques dizaines de milliers d’Arméniens fuyant la persécution turque s’établirent dans le pays, suivis par une immigration kurde (environ 60 000 personnes).
Dans la Déclaration du mandat, adoptée le 24 juillet 1922 par le Conseil de la Société des Nations (SDN), l’article 22 du Pacte de la SDN imposait à la France, la «Puissance mandataire», le «respect du statut personnel des diverses populations et de leurs intérêts religieux» (art. 6 de la Déclaration du mandat), le maintien des «droits des communautés» dont celui de «conserver leurs écoles, en vue de l'instruction et de l'éducation de leurs membres» (par. 3 de l'article 8) et l’abstention «toute intervention [...] dans la direction des communautés religieuses [...] dont les immunités sont expressément garanties» (art. 9).
Cependant, la nouvelle entité territoriale libanaise ne fut pas acceptée par les nationalistes arabes, qui souhaitaient la création d'une «Grande Syrie» englobant l'ensemble du Croissant fertile. Pour sa part, la Syrie devenue indépendante n'admit pas d'être privée d'une grande partie de sa façade maritime sur la Méditerranée.
3.4 L’indépendance
Le Liban accéda définitivement à l'indépendance en 1943. Pendant plusieurs décennies, le pays avait adopté deux langues officielles: l’arabe et le français. Mais les nouveaux dirigeants s'empressèrent d'adopter les modifications constitutionnelles qui affirmèrent le statut souverain du Liban et abolirent le français comme «deuxième langue officielle». Le Liban accueillit les Palestiniens chassés d’Israël après 1948. Ces derniers se sont installés dans des camps de réfugiés et fournirent la main-d'oeuvre nécessaire au cours de la période de prospérité économique. Suite à l'instauration dans les pays arabes des régimes dits révolutionnaires ou socialistes, le Liban vit arriver l’une des dernières grandes vagues des minorités devenues indésirables dans leur propre pays: les Assyriens, les Syriaques et les chaldéens d'Irak, les alaouites de Syrie, les chrétiens d'Égypte, etc. Après la guerre israélo-arabe de 1967, d’autres réfugiés palestiniens affluèrent en masse.
Au lendemain des affrontements de 1970, l'Organisation de libération de la Palestine, chassée de Jordanie, s'installa avec ses combattants sur le territoire libanais. Quelque 500 000 Palestiniens s’établirent ainsi au Liban, ce qui représentait environ 15 % de la population. La présence palestinienne provoqua l'intervention armée de la Syrie et d’Israël. Le fragile Liban ne put résister à la violence des événements et fut entraîné dans la guerre civile, activant alors le processus de la dislocation de l’État.
mardi 20 novembre 2007
Enivrez-vous
Il faut être toujours ivre. Tout est là:
C'est l'unique question.
pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps
Qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve...
Mais de quoi?
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrer vous. Et si quelquefois, sur les marche d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l'étoile ,l'oiseau, l'horloge , vous répondront: "Il est l'heure de s'enivrer! pour n'être pas les esclave martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse! de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise!"(Baudelaire)
C'est l'unique question.
pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps
Qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve...
Mais de quoi?
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrer vous. Et si quelquefois, sur les marche d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l'étoile ,l'oiseau, l'horloge , vous répondront: "Il est l'heure de s'enivrer! pour n'être pas les esclave martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse! de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise!"(Baudelaire)
vendredi 2 novembre 2007
Les Fenêtres...
Celui qui regarde au dehors à travers
Une fenêtre ouverte ne voit jamais
Autant de chose que celui
Qui regarde une fenêtre fermé!
Il n'est pas d'objet plus profond,
plus mystérieux, plus fécond
Plus ténébreux, plus éblouissant
Qu'une fenêtre Eclairée
D'une chandelle...
Ce qu'on peut voir au solei,
Est toujours moins intéressant
Que ce qui se passe
Derrière une vitre!
Dans ce trou noir ou lumineux
Vit la vie,
Rêve la vit,
Souffre la vie!......
Une fenêtre ouverte ne voit jamais
Autant de chose que celui
Qui regarde une fenêtre fermé!
Il n'est pas d'objet plus profond,
plus mystérieux, plus fécond
Plus ténébreux, plus éblouissant
Qu'une fenêtre Eclairée
D'une chandelle...
Ce qu'on peut voir au solei,
Est toujours moins intéressant
Que ce qui se passe
Derrière une vitre!
Dans ce trou noir ou lumineux
Vit la vie,
Rêve la vit,
Souffre la vie!......
mardi 30 octobre 2007
Ecoute-moi
Ecoute-moi bien. J'ai le mauvais rôle, c'est entendu.
Tu as le bon. Et tu le sens. Mais n'en profite tout
de même pas trop, tu vois dans mes yeux quelque chose
hésite,qui hésite, tu vois que je te laisse parler...
Jean anouilh
Tu as le bon. Et tu le sens. Mais n'en profite tout
de même pas trop, tu vois dans mes yeux quelque chose
hésite,qui hésite, tu vois que je te laisse parler...
Jean anouilh
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