mercredi 21 novembre 2007

Liban

3 Données historiques
De par sa position géopolitique, le Liban a toujours été au carrefour de trois continents et le passage obligé entre l'Occident et le monde arabe, bénéficiant au surplus d'un accès vers l'Asie centrale et la Russie. Par le fait même, le pays fut maintes fois envahi et conquis par pratiquement tous les peuples du bassin méditerranéen, ainsi que par des tribus nomades qui remontèrent de la péninsule Arabique. Enfin, du fait de sa configuration accidentée, ce pays de montagnes a souvent accueilli les réfugiés de nombreuses contrées. Tous ces peuples ont laissé non seulement une empreinte architecturale, mais aussi un apport culturel et religieux important.
À la fin du IIIe millénaire, les Cananéens et les Phéniciens établirent sur la côte des comptoirs et fondèrent des cités-États (Tyr, Sidon, Byblos, Beyrouth). Les Phéniciens avaient créé un alphabet de 22 lettres, qui supplanta l’écriture cunéiforme alors en usage, et se répandit dans toute la Méditerranée. Le Liban, qui fit partie de la Phénicie, connut dans l'Antiquité une civilisation brillante. L'indépendance de la Phénicie prit fin avec la conquête d'Alexandre le Grand en 333 avant notre ère. À partir de cette période, et ce, jusqu’au XVe siècle, le Liban disparut en tant qu’entité politique souveraine; il fut englobé au sein d'une vaste zone dite «syrienne». La domination grecque dura trois siècles, soit jusqu’à la tutelle romaine.
En 64 avant notre ère, les légions de Pompée fondèrent la Provincia Syria. Beyrouth devint la métropole militaire et commerciale des Romains en Orient. Le christianisme se propagea dans cette province syrienne dès la première moitié du Ier siècle. En 395, lors du partage de l'Empire romain, la Provincia Syria, devenue chrétienne, fut rattachée à l'Empire byzantin. L'Église syro-maronite (maronites) a vu le jour dans le diocèse d'Orient de l'Empire byzantin; elle constituait une branche de l'ancienne Église syriaque d'Antioche.
3.1 La conquête arabe
En 628, les Arabes envahirent la région et, après la défaite byzantine à la bataille de Yarmouk en 636, les villes de la côte libanaise tombèrent entre les mains des musulmans, qui placèrent la «province» sous leur autorité. Par suite de la conquête arabe, la population se modifia considérablement, car des Arabes, des Perses et des Juifs entrèrent dans le pays. Dès lors, les chrétiens durent côtoyer les musulmans sunnites. La conquête musulmane de 636 réduisit progressivement les chrétiens du Proche-Orient à une minorité. En revanche, les maronites réussirent à conserver une certaine autonomie en raison de leurs liens avec Byzance, avec l'Occident et avec les autres minorités du Mont-Liban.
Mais les querelles religieuses déchirèrent les populations, qui se divisèrent en sectes. C'est à cette époque que commencèrent à s'opposer les différentes communautés confessionnelles. La montagne servit de refuge, d’abord pour les maronites (au VIIIe siècle), puis pour les chiites (IXe siècle) et enfin les druzes (XIe siècle) chassés d’Égypte. La plupart de ces communautés formèrent des minorités (maronites, chiites, druzes, etc.), ce qui en fit très tôt un pays multiconfessionnel, surtout avec l’intégration du pays dans l’Empire byzantin (l’Église orthodoxe), puis dans l’Empire arabe (musulmans).
Au milieu du XIe siècle, le grand schisme d'Orient divisa le monde chrétien en deux grandes communautés: les catholiques romains et les orthodoxes. À partir de ce moment, les chrétiens qui restèrent attachés à Rome furent appelés «catholiques latins», et ceux de l'Église d'Orient furent appelés «orthodoxes». C'est ainsi que le Liban s'enrichit encore d'une autre communauté religieuse.
3.2 Le Moyen Âge
Lors des croisades (1090-1300), les Francs s’emparèrent de l’Orient et Jérusalem tomba entre leurs mains en 1090, puis Tripoli en 1109, Beyrouth et Sidon en 1110. Le Liban resta deux siècles sous la domination franque, c’est-à-dire jusqu’en 1289 (lors de la capitulation de Tripoli). Ensuite, les autres villes libanaises passèrent sous l’autorité des mamelouks (milices arabes), qui gouvernèrent la région pendant deux siècles et demi, de la fin du XIIIe siècle jusqu’en 1516, soit lors de l’arrivée des Ottomans. Pour fuir les mamelouks, de nombreux maronites trouvèrent asile dans la haute montagne libanaise ainsi qu’à l’île de Chypre.
À partir de ce moment, la domination ottomane ouvrit une nouvelle période, car les Turcs accordèrent une autonomie aux Libanais au prix d’un tribut. Mais ce fut une période politiquement instable au cours de laquelle les maronites, les druzes et les chiites entrèrent en conflit les uns contre les autres. Les druzes réussirent à contrôler le pays durant deux siècles, ce qui favorisa les affrontements violents avec les maronites. Au cours de la période ottomane, spécialement à partir du XVIIIe siècle, le Liban accueillit plusieurs minorités fuyant la persécution: des Grecs et des Syriaques catholiques y trouvèrent non seulement un gîte pour leurs communautés naissantes, mais des couvents pour leurs moines et un siège pour chacun de leurs patriarcats récemment créés.
3.3 L’intervention de la France
Au milieu du XIXe siècle, la France et la Grande-Bretagne intervinrent pour assurer la protection de certains groupes ethno-religieux, la guerre ayant éclaté entre maronites et druzes. Un gouvernorat autonome maronite, placé sous la protection de la France, fut créé en 1864. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, l'Empire ottoman fut démantelé et le Liban passa sous mandat français en 1920. C’est à ce moment que les frontières actuelles du «Grand Liban» (le Mutesarrifat libanais, Beyrouth, la Békaa, Tripoli, Sidon, Tyr) furent créées et que s’implanta assez durablement la langue française. Quelques dizaines de milliers d’Arméniens fuyant la persécution turque s’établirent dans le pays, suivis par une immigration kurde (environ 60 000 personnes).
Dans la Déclaration du mandat, adoptée le 24 juillet 1922 par le Conseil de la Société des Nations (SDN), l’article 22 du Pacte de la SDN imposait à la France, la «Puissance mandataire», le «respect du statut personnel des diverses populations et de leurs intérêts religieux» (art. 6 de la Déclaration du mandat), le maintien des «droits des communautés» dont celui de «conserver leurs écoles, en vue de l'instruction et de l'éducation de leurs membres» (par. 3 de l'article 8) et l’abstention «toute intervention [...] dans la direction des communautés religieuses [...] dont les immunités sont expressément garanties» (art. 9).
Cependant, la nouvelle entité territoriale libanaise ne fut pas acceptée par les nationalistes arabes, qui souhaitaient la création d'une «Grande Syrie» englobant l'ensemble du Croissant fertile. Pour sa part, la Syrie devenue indépendante n'admit pas d'être privée d'une grande partie de sa façade maritime sur la Méditerranée.
3.4 L’indépendance
Le Liban accéda définitivement à l'indépendance en 1943. Pendant plusieurs décennies, le pays avait adopté deux langues officielles: l’arabe et le français. Mais les nouveaux dirigeants s'empressèrent d'adopter les modifications constitutionnelles qui affirmèrent le statut souverain du Liban et abolirent le français comme «deuxième langue officielle». Le Liban accueillit les Palestiniens chassés d’Israël après 1948. Ces derniers se sont installés dans des camps de réfugiés et fournirent la main-d'oeuvre nécessaire au cours de la période de prospérité économique. Suite à l'instauration dans les pays arabes des régimes dits révolutionnaires ou socialistes, le Liban vit arriver l’une des dernières grandes vagues des minorités devenues indésirables dans leur propre pays: les Assyriens, les Syriaques et les chaldéens d'Irak, les alaouites de Syrie, les chrétiens d'Égypte, etc. Après la guerre israélo-arabe de 1967, d’autres réfugiés palestiniens affluèrent en masse.
Au lendemain des affrontements de 1970, l'Organisation de libération de la Palestine, chassée de Jordanie, s'installa avec ses combattants sur le territoire libanais. Quelque 500 000 Palestiniens s’établirent ainsi au Liban, ce qui représentait environ 15 % de la population. La présence palestinienne provoqua l'intervention armée de la Syrie et d’Israël. Le fragile Liban ne put résister à la violence des événements et fut entraîné dans la guerre civile, activant alors le processus de la dislocation de l’État.

mardi 20 novembre 2007

Enivrez-vous

Il faut être toujours ivre. Tout est là:
C'est l'unique question.
pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps
Qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve...
Mais de quoi?
De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrer vous. Et si quelquefois, sur les marche d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est; et le vent, la vague, l'étoile ,l'oiseau, l'horloge , vous répondront: "Il est l'heure de s'enivrer! pour n'être pas les esclave martyrisés du Temps, enivrez-vous sans cesse! de vin, de poésie ou de vertu, à votre guise!"(Baudelaire)

vendredi 2 novembre 2007

Les Fenêtres...

Celui qui regarde au dehors à travers
Une fenêtre ouverte ne voit jamais
Autant de chose que celui
Qui regarde une fenêtre fermé!
Il n'est pas d'objet plus profond,
plus mystérieux, plus fécond
Plus ténébreux, plus éblouissant
Qu'une fenêtre Eclairée
D'une chandelle...
Ce qu'on peut voir au solei,
Est toujours moins intéressant
Que ce qui se passe
Derrière une vitre!

Dans ce trou noir ou lumineux
Vit la vie,
Rêve la vit,
Souffre la vie!......